28 Jul 2018

Chor der Kulturen der Welt + Matthew Herbert Brexit Big Band, HKW, Berlin, Wassermusik Festival

    
2 Aug 2018

Chor der Kulturen der Welt, Garbicz Festival, PL

    
3 Aug 2018

BM live - Glasgow, UK, Mix the City - George Square (open air)

    
17 Aug 2018

BM live + Christian Biegai - Berlin, Lausitzer Str. 10, Hinterhofkonzerte

    
22 Aug 2018

BM+ C. Biegai live + Michaela Melian, Kamnagel HH, Internationales Sommerfestival

  
  
Close

Tell us the E-mail address to which the BM Newsletter shall be sent.

Close

Etherreal über Fan No. 3 (Remixes)

Mis à part le sobrement intitulé BM sorti en 2008, nous avons régulièrement parlé sur ces pages de Barbara Morgenstern, artiste allemande auteur d’une électro-pop expérimentale, au charme singulier, combinaison de vieux claviers et de textes en allemand. Si elle semble faire suite à Fan No. 1 (un EP de remixes sorti en 1999), cette nouvelle production est en fait une compilation qui nous permet de revenir sur 14 ans de carrière. Par contre l’artiste à bel et bien pensé aux fans qui trouveront des raretés sur un deuxième CD.

On appréciera la simplicité de la construction de la compilation, optant pour un classement chronologique qui nous permet de suivre l’évolution de l’artiste et ses explorations au fil des rencontres. Autre point à noter, la volonté de ne pas céder à la facilité du best of, en proposant notamment des versions nouvelles voire surprenantes.
On commence donc en 1998 avec Vermona ET 6-1, premier album qui tirait son titre du modèle d’orgue utilisé par l’Allemande. Une production minimale, épurée, une boite à rythme qui paraîtra kitsch aujourd’hui, un chant doux, tels sont les éléments qui composent Ein Versuch, assez typique des premiers travaux de Barbara Morgenstern. Plus sautillant, Das Wort est ici présenté dans une version rare, sortie sur un obscure label.
Dès 2000, la jeune femme a su s’entourer, avec notamment Stefan Betke (Pole) et Thomas Fehlmann, producteur du tube Der Augenblick présenté ici dans une version longue, absolument parfaite, aux sonorités plus recherchées. L’instrumentation est également plus riche avec guitariste et violoniste sur l’instrumental Eine Verabredung.
En 2003 sort Nichts Muss, certainement le plus gros succès de l’Allemande à ce jour. Deux titres ont été retenus et encore une fois deux approches différentes avec d’une part le chaloupé et nonchalant Aus Heiterem Himmel, et d’autre part la guitare rythmique et syncopée du tube Nichts Muss qui se prolonge sur 8mn.
On zappe Tesri composé en duo avec Robert Lippok (chroniqué sur ces pages) et on arrive en 2006 avec The Grass Is Always Greener. Petite surprise avec The Operator qui est présenté ici dans une version au piano, légèrement rétro, et on note une production plus aérée avec une vraie batterie sur Juist.
BM est donc le dernier album en date et confirme une instrumentation plus riche avec guitare, batterie et violoncelle (assuré par Julia Kent). On y découvre une étonnante collaboration avec Robert Wyatt sur Camouflage et un dernier tube, hymne à Berlin sobrement intitulé Come to Berlin.
On trouve enfin trois titres inédits, datant de 2010. Difficile de dire si cela annonce une nouvelle orientation, mais on devine un retour au tout électronique avec pour commencer une nouvelle version du Mountainplace déjà publié sur une compilation Chicks On Speed Records. Le son est propre, soigné, et Wegbereiter est une belle réussite alliant minimalisme et danse. Le bouquet final, c’est le Blackbird des Beatles dans une version purement électronique, sautillante, à mille lieues de l’original, parfaitement maîtrisé, terriblement efficace, voire dansante.

Le second CD nous ramène en 1997 avec 10 titres tirés d’une cassette (Enter the Partyzone) et d’un mini-album (Plastikreport). Ce bonus nous permet donc de retrouver l’essence même du travail de Barbara Morgenstern avec une production allégée et une approche plus brute. On trouve en général des boites à rythmes un peu kitschs et des mélodies d’orgues minimalistes et virevoltantes (Die Liebe), proche de la musique de jeu vidéo sur un Ein Fixpunkt mené à toute berzingue. Parfois une batterie vient en renfort (Am Rand), brute et martelée sur un orgue débridé (Im Wiederhall), mais on préfèrera le chant joliment posé et la douceur d’un Der Morgentau ou encore la western pop de Über uns liegt ein Traum que l’on a l’impression de déjà connaître, chose pourtant improbable.

C’est là toute la force de Barbara Morgenstern, de louvoyer entre le tube pop parfait et des expérimentations en grande partie basée sur une instrumentation inhabituelle. Une compilation, des raretés, ce Fan No.2 fera à la fois le bonheur des fans et des curieux qui ne connaitraient pas encore le travail de cette artiste.

Le Magic Box über Fan No. 2

Que demande-t-on a une bonne compilation ? De retracer la carrière d'un artiste, de proposer des morceaux rares ou dans des versions alternatives, d'offrir des inédits pour montrer que l'artiste en question a certes un passé mais aussi un avenir. Sur la foi de ces figures imposées, le contrat est d'ores et déjà rempli avec Fan n°2 de Barbara Morgenstern. Voici 10 ans, l'Allemande avait sorti un premier volet fait de remix. Tous les albums solos de Morgenstern sont représentés, à commencer par Ein Versuch issu de l'album du même nom et qui marque d'emblée le style Morgenstern : une musique hybride fait à partir de collage d'électronique avec de vrais instruments. Chaque titre pourrait être joué au piano - et c'est le cas de The Operator présenté ici dans une « piano version », mais ainsi arrangé, il mêle une précision presque pointilliste d'électronicien avec une certaine fantaisie féminine distillée avec élégance. Il y a une certaine émotion qui émane de cette musique comme en témoigne Juist issu de The Grass is always greener, peut-être le meilleur des albums de la jeune femme. Morgenstern manie l'art délicat de la programmation rythmant chaque morceau, sans en faire de vulgaires et faciles machines à danser.

Dans sa version Mix Expension, Der Augenblick remplit néanmoins cet office. Avec Barbara, l'électronica a le plus souvent une voix ; ce qui donne un côté pop à la musique. Parmi les trois inédits, elle reprend d'ailleurs Blackbird des Beatles ; le synthé remplace la guitare acoustique initiale mais l'esprit ballade reste le même. Au cours de sa carrière, Morgenstern a fait de belles rencontres comme Stefan Bekte de Pole qui a produit Nicht muss (représenté ici par deux titres). Mais surtout l'Allemande a eu la chance de faire un titre avec Robert Wyatt, un rêve qui s'est réalisé avec Camouflage. Le plus réjouissant de ce bon disque qui donnera envie aux néophytes de découvrir le reste de la discographie de Morgenstern, se situe au niveau des inédits. Outre la reprise des Beatles, deux autres titres qui pourraient apparaître comme des modèles de la belle mécanique musicale parfaitement agencée de l'Allemande : Mountainplace et surtout Wegbereiter, un des meilleurs titres à ce jour de la dame. Avec Barbara Morgenstern, l'avenir semble radieux.
 

Pages